The Flossy Flossy

Keeping it “on the real” the best I can.

Archive for March 20, 2009

Marteler

Je suis allé chez toi avec comme alibi que j’étais avec une amie. Je ne suis pas sûr qu’elle m’ait compris, mais elle a accepté.

Je suis entré dans ton appartement, un havre de propeté au milieu d’un ghetto, et j’ai aspiré les effluves de ta vie. Je me suis dévêtu et suis entré dans la douche, et j’ai laissé la bonde rester comme tu m’as dit.

J’ai vu le lit, récemment fait et tentant. J’ai trouvé des bougies dans un de tes tiroirs et ai pensé à les allumer, mais ça aurait été trop romantique. Et ceci n’était pas du tout romantique…

Et après nous avons finit, tu as mis ta tête contre ma épaule. C’était papitant, c’était intense, c’était tragique. Mes doigts ont brûlé de toucher tes cheveux: longues mèches douces d’un or profond qui tombaient de ton front et illuminaient le vieillissement de ton visage. C’était la chose que je préférais de toi.

J’ai embrassé tes lèvres et la menthe qui les couvraient. Je savais que dans dix ans, ces lèvres n’appartiendraient plus au même homme. J’ai regardé dans tes yeux, les rides qui les entouraient. Ton regard était perçant, mais fatigué par l’expérience et trop de vécu. Ils étaient les yeux les plus beaux, au tournant d’une transformation soudaine en quelque chose d’indésirable. Et dans dix ans, ils perdront leurs étincelles, devenant des yeux lassés, sans flammes.

Mais ces cheveux seront toujours magnifiques. Dans dix ans, au moins. Et bien sûr, comme tout le reste, ils deviendront blancs et disparaîtrons.

Je ne sais pas pour qui je plains: pour toi–l’homme qui prend de l’âge; pour moi–celui qui souffre te voir vieillir; pour nous–et notre relation qui ne fleurira jamais; ou pour tout le monde–car rien n’est pour toujours.

Nous avons parlé de ton passé et de mon avenir, de tes premières aventures avec des filles espagnoles, et ce que tu faisais en 1992, de moi qui écrirai un livre quand je serai plus vieux, et lorsque tu ne seras plus là. Et cette pensée m’a fait le plus peur: que quelqu’un avec qui je pourrais être si intime ne soit plus là. Je voulais pleurer, mais j’ai dû prendre le train.